Qui veut jouer ?

1 février 2021 par Yann Gautreau

Tout est prêt, le plateau est disposé, les cartes distribuées, les pions sur la case de départ, et la, un de vos invités déclament en voyant tout cela : « Oh ! Moi ! Je n’aime pas jouer ! ». Vous, joueur dans l’âme, adepte de la carte, amoureux des règles, vous ne comprenez pas, qui n’aime pas jouer ?

Cette réflexion ne vient que très rarement d’un enfant, pour lui le jeu fait partie intégrante de sa vie quotidienne, mais bien d’un adulte. Et cela est d’autant plus étrange que les adultes jouent, beaucoup même, d’après l’étude de médiamétrie 72 % des adultes sont joueurs.

J'aime pas jouer
© yanngautreau.fr

Nous jouons d’abord aux jeux vidéo.

Le jeu vidéo est devenu une pratique quotidienne.

L’adulte joue avant tout sur son mobile, de nos jours plus personne ne s’ennuie, 5 minutes d’attente et hop ! Nous alignons des bonbons et surtout nous gagnons des récompenses. Les règles sont intuitives et tout cela avec un doigt, merveille et excitations garanties. Mais il s’agit bien d’une parenthèse, ici pas de mise en place, pas d’explications de règles et les objectifs sont simple. De plus l’immersion peut être totale, notre imaginaire est relayé en arrière-plan, la technologie nous offre des mondes à conquérir. Parfois même, nous nous surprenons à devenir plus spectateur qu’acteur, hypnotisé par la beauté de l’écran.

Une offre pléthorique, des supports variés, le jeu vidéo est le divertissement numéro un pour bon nombre d’entre nous, pour ceux qui en doutaient, il faut revoir vos modèles de société.

Le jeu vidéo est un univers à lui seul, il est presque à part des autres jeux, il est devenu une pratique culturelle comme la lecture, le cinéma ou le sport (dans quelques années, il y aura des cartes pantins des grandes vedettes de l’e-sport !). Bien souvent, lorsque vous demandez à quelqu’un s’il est joueur, il est fort à parier qu’il vous énumère en premier les noms des principaux jeux en ligne du moment.

En suivant les statistiques et le chiffre d’affaires réalisé par les sociétés de production de jeux vidéo, il est évident que les amateurs de jeux remportent haut la main la partie face au réticent ludique.

Certes, mais la personne qui n’aime pas jouer, parlait-elle peut être des autres jeux, ceux qui se passent d’écran rétina. Et bien non, ce serait idiot, car la plupart des jeux de société ont leurs versions en ligne, désormais jeux de société peut se comprendre aussi bien en physique (pions, cartes, plateaux…) que en digitale.

Des jeux pour tous•tes

Sommes-nous à une sorte d’apogée du jeux sous toutes ces formes ? Si l’on suit la classification du système EASR, il existe 19 types d’activités ludiques, toutes correspondent à des mécaniques de jeux différentes. Vous n’aimez pas les règles trop compliqués : les jeux de dés, vous voulez exercer votre mémoire et votre esprit de déduction, essayer les jeux d’enquête.
Si vous n’avez pas joué depuis longtemps, et que pour vous seuls les noms de monopoly ou de scrabble vous vient en tête, prenez le temps de parcourir les catalogues des éditeurs de jeux (qui connaissent pour certain des croissances exponentielles à faire pâlir des startups ultra innovante). Il me semble impossible de ne pas trouver une activité ludique qui vous corresponde.

Ne pas vouloir jouer, peut être aussi la peur de perdre, ne pas savoir répondre à la question « littérature ». Ne pas jouer au jeu d’adresse, car j’ai deux mains gauches, les jeux de hasard, moi, j’ai jamais de chance, les jeux de mémoire, mais je suis un vrai poisson rouge…

Faut-il enseigner comment jouer ? Car le miracle du jeu est qu’il n’y a pas de conséquence, il n’y a que de l’apprentissage. Vous vous souviendrez peut-être que Romain Gary et Emile Ajar sont une même personne, merci le camembert marron !

Le jeu présent dans toutes nos activités

Comme le disait Denis dans son article sur l’histoire du jeu, nous sommes des homos ludens, la réticence à jouer pour certains, ne parvient que d’un héritage culturel très lointain, qui opposait le jeu et le sérieux, l’enfant joue et l’adulte travaille, celui qui perd son temps et celui qui rapporte de l’argent. L’enfant à le droit d’apprendre en jouant et non à coup de punition, oublions la nostalgie malsaine de la blouse et du tableau noir. Le travailleur doit se former et exercer son activité, en y trouvant une part de plaisir et de satisfaction.

Le jeu nous accompagne certainement depuis l’époque où nous regardions le dimanche tomber la pluie à l’abri dans nos grottes, il a trouvé sa place dans nos organisations humaines. Il est bien une réelle demande de notre cerveau, une composante de nos facultés d’apprentissage. Il n’est plus de temps de se demander si le jeu peut améliorer les apprentissages ou le management, le jeu est dans nos vies.

C’est aux concepteurs de jeux de trouver les bonnes approches afin que chacun puisse dire : Oh ! Moi ! J’aime jouer !

L'AUTEUR :
Yann Gautreau Graphiste, illustrateur et web designer depuis 20 ans, je suis enthousiasmé par le potentiel et les idées que génère les autrement dit. Mettre de la créativité et du ludique au cœur des relations humaines : c’est plaisant ! Réaliser des visuels forts et lisibles pour accompagner cette démarche : c’est très stimulant ! Visiter le site de l'auteur
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